Chez le coiffeur : entre ce qu’on demande… et ce qu’on ramène à la maison
Il y a un moment, chez le coiffeur, où tout peut encore bien se passer. C’est le début. Tu es assise dans le fauteuil, pleine d’espoir, téléphone à la main, et tu montres LA photo. Vous savez, cette photo qu’on a soigneusement enregistrée trois semaines auparavant. Une nana sublime, des cheveux épais, brillants, souples, parfaitement coiffés, une frange qui tombe exactement comme il faut. Un mouvement naturel qui, évidemment, lui a probablement demandé quarante-cinq minutes de brushing et trois produits dont nous ignorons l’existence.
Et nous, très sérieusement : « Je voudrais ça. »
Alors déjà…Meuf. Regarde-toi, tu n’as pas ses cheveux, tu n’as pas son implantation, tu n’as pas son volume, et surtout, tu n’as absolument aucune intention de passer quarante-cinq minutes tous les matins à reproduire son brushing. Mais ça, à ce moment-là, tu l’oublies, parce que toi, tu crois au miracle.
« On coupe juste les pointes. »
Cette phrase…Cette putain de phrase. Parce que visiblement, les pointes ne représentent pas la même unité de mesure pour tout le monde.
Pour toi : Deux centimètres.
Pour ta coiffeuse : De quoi fabriquer une perruque à un enfant de six ans.
Et tu le vois. Évidemment que tu le vois. Cette première mèche qui tombe sur la blouse. Elle te paraît étrangement longue. Puis une deuxième, puis une troisième, et soudain, tu regardes tes cheveux par terre en te demandant si tu dois prévenir quelqu’un. Mais tu ne dis rien, parce qu’on a toutes cette étrange incapacité à interrompre une coiffeuse en pleine coupe. Elle pourrait probablement commencer à te raser un côté du crâne que tu demanderais encore timidement :
« C’est… normal ? »
Et puis un jour, tu demandes une frange.
Parce que régulièrement dans la vie d’une femme arrive cette période où elle se dit : « Tu sais ce qu’il me faudrait ? Une frange. » Non !! Probablement pas meuf, je te jure, c’est pas une bonne idée…Mais sur Pinterest, c’était magnifique, alors on coupe, et pendant les huit premières minutes, avec le brushing de la coiffeuse, franchement…Tu te trouves canon. Puis vient le lendemain matin. Tu te réveilles, tu vas dans la salle de bain et là…Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Une moitié part à gauche, l’autre à droite. Une mèche a décidé de remonter vers le plafond et celle du milieu semble avoir passé la nuit à prendre des décisions sans consulter les autres. Bon ben réflex de toutes les gonzesse avec une frange…Tu mouilles, tu sèches, tu remouilles, tu changes de brosse, tu insultes légèrement tes cheveux, et après vingt minutes, tu finis par mettre deux barrettes pour cacher la frange que tu as payée la veille.
Et alors… la couleur.
Ah. La couleur. Parce qu’à vingt ans, tu faisais des couleurs pour changer de tête, à quarante…tu négocies avec les cheveux blancs. Oui. J’ai 40 piges, ils arrivent, ces bâtards. Pas tous ensemble, évidemment. Non, ils préfèrent envoyer des éclaireurs. Un ici. Deux là. Et surtout celui qui pousse bien droit sur le dessus du crâne et qui semble dire :
« COUCOU, C’EST MOI ! »
Alors tu retournes chez ta coiffeuse avec une mission très simple : « Je voudrais quelque chose de naturel. »
Cette autre phrase qui ne veut absolument rien dire. Naturel comment ? Parce qu’après une heure avec de l’aluminium sur la tête et un produit dont l’odeur pourrait décaper une table de jardin, le concept de naturel devient assez relatif. Puis vient le moment du rinçage. Du séchage et enfin…le miroir.
« Alors ? Vous aimez ? »
Voilà. C’est maintenant que nous allons toutes devenir des menteuses. Parce que parfois…Non. Tu n’aimes pas. Tu regardes ton reflet, tu inclines légèrement la tête, tu souris, et tu réponds : « Ouiiii… c’est super ! » Pourquoi ? Personne ne sait.
Cette femme vient littéralement de te demander ton avis. C’est précisément le moment où tu pourrais dire : « En fait, je trouve ça un peu trop court. » Mais non. « J’adore. ». Mon cul, oui ! Parfois tu détestes. Tu paies, tu mets ton manteau, tu remercies chaleureusement et tu rentres chez toi. Puis, à peine la porte refermée…Direction salle de bain. Tu recoiffes tout. Tu changes la raie. Tu mouilles deux mèches. Tu ressors ton sèche-cheveux. Tu attaches, tu détaches, tu regardes de profil, de face, de l’autre profil, et tu finis parfois par te dire : « Voilà. Là, c’est mieux. »
Ce qui est quand même gonflé puisque tu viens de défaire en sept minutes ce qu’une professionnelle a passé une heure et demie à construire.
Alors forcément, parfois, je me dis : je vais le faire moi-même.
Après tout…Ça ne doit pas être si compliqué. Et puis je tombe sur une vidéo. Une nana dans sa salle de bain, des ciseaux à la main. Elle commence avec : « Les filles, je vais vous montrer comment couper sa frange toute seule, c’est hyper facile. » Trois minutes plus tard, elle a une mèche de deux centimètres collée au front et le regard d’une personne qui vient de comprendre qu’elle devra éviter toute vie sociale pendant environ six semaines.
Et là…Je repose mes ciseaux, parce qu’il faut quand même aussi savoir reconnaître ses limites.
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Commentaires
c est tellement ca!!!excellent
J'adore ! C'est tellement nous les femmes ! ❤️