La peur a t-elle pris trop de place dans nos vies ?

Publié le 13 octobre 2026 à 07:30

La peur a-t-elle pris trop de place dans nos vies ?

Il est 7 h 30. Je suis dans ma cuisine, encore en pyjama, les cheveux dans un état qui mériterait probablement une intervention d'urgence, et je bois tranquillement mon infusion de mamie. Jusque-là, tout va bien. Et puis, je prends mon téléphone...Une crise économique par-ci, une guerre par-là. Une nouvelle maladie, une catastrophe naturelle, une vidéo qui m'explique que les prochaines années risquent d'être compliquées…Bon. Il est 7 h 42, je n'ai toujours pas terminé mon infu mais j'ai déjà suffisamment d'informations pour envisager de construire un bunker au fond du jardin. Et encore, je n'ai pas ouvert les commentaires. 😂

Bienvenue dans une époque où l'on peut commencer sa journée avec des inquiétudes qui, dix minutes auparavant, n'existaient mêmj pas dans notre tête.

Mais depuis quand avons-nous si peur de demain ? Je me pose parfois cette question.

Est-ce que le monde est réellement devenu plus inquiétant ? Ou est-ce que nous sommes simplement beaucoup plus exposés à tout ce qui pourrait nous inquiéter ? Parce qu'autrefois, les mauvaises nouvelles existaient aussi. Les guerres, les crises, les maladies, les incertitudes… Rien de tout cela n'est nouveau, mais aujourd'hui, nous pouvons tout savoir. Tout voir. Tout entendre. Presque immédiatement. Et surtout, nous pouvons découvrir en quelques minutes une quantité impressionnante de scénarios catastrophes concernant un avenir que personne ne connaît vraiment.

Le plus étonnant, c'est que nous n'avons parfois absolument aucun pouvoir sur ce qui nous inquiète. Mais notre cerveau, lui, ne semble pas avoir reçu l'information.

Et si la Peur était devenue contagieuse ?

Ce qui m'interpelle le plus, finalement, ce n'est pas seulement ce qui nous fait peur. C'est la facilité avec laquelle cette peur se transmet. Quelqu'un partage une information inquiétante. Une autre personne la commente. Une troisième imagine déjà les conséquences. Et voilà, en quelques minutes, une simple possibilité est devenue une catastrophe presque annoncée.

Sur les réseaux sociaux, c'est parfois encore plus impressionnant. Entre les titres alarmants, les vidéos anxiogènes et les experts autoproclamés de la fin du monde, il y a de quoi commencer à stocker des pâtes dans le garage. 😂

Le problème, c'est qu'à force d'entendre ce qui pourrait arriver, on finit parfois par le ressentir comme si c'était déjà arrivé. Et notre cerveau, toujours aussi serviable, prend le relais. Il anticipe, imagine, dramatise… Il organise même une réunion de crise à trois heures du matin, sans nous avoir demandé notre avis.

Mais depuis quand une possibilité est-elle devenue une certitude ?

Et surtout, depuis quand avons-nous commencé à avoir peur de demain avant même d'avoir terminé aujourd'hui ?

Je ne dis pas qu'il faut ignorer les dangers. Certaines inquiétudes sont légitimes, et la peur a aussi cette merveilleuse capacité de nous protéger. Mais entre être conscient de ce qui se passe et vivre dans l'attente permanente du pire, il y a une différence.

Et si demain nous réservait aussi de belles surprises ?

Je ne crois pas qu'il faille fermer les yeux sur ce qui se passe dans le monde. Ni faire semblant que tout va bien. Mais je me demande pourquoi nous accordons parfois autant de crédibilité aux prédictions catastrophiques et si peu aux possibilités heureuses. Pourquoi serait-il plus raisonnable d'imaginer que tout va mal tourner plutôt que d'envisager que certaines choses pourraient aussi s'arranger ?

Après tout, l'avenir reste inconnu.

Il y aura des difficultés, certainement. Des imprévus, forcément. Mais il y aura peut-être aussi des solutions que nous n'imaginons pas encore, des rencontres inattendues, des changements heureux, des moments que nous serons contents d'avoir vécus.

Pourquoi laisserions-nous à la peur le privilège de raconter toute seule notre avenir ?


🌿 La relativité du Journal

La peur fait partie de la vie. Elle n'est ni une faiblesse ni une ennemie. Mais entre ce qui est réel, ce qui est possible et ce qui est simplement imaginé, il existe parfois un monde. Un monde dans lequel nous avons encore le droit d'espérer, de faire des projets, de rire et de croire que demain ne sera pas forcément pire qu'aujourd'hui.

Ce n'est pas parce que nous ignorons ce que l'avenir nous réserve que nous devons forcément en attendre le pire.


🍵Le p'tit mot d'Andréa

Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Et visiblement, personne ne le sait vraiment, même ceux qui nous l'annoncent avec une assurance déconcertante ! 😂

Alors tant qu'à imaginer l'avenir, j'ai envie de lui laisser aussi une chance d'être beau.

Parce qu'à force de nous raconter tout ce qui pourrait mal tourner, on finirait presque par oublier tout ce qui pourrait merveilleusement bien se passer.

Et ça, franchement, ce serait dommage.

Andréa 🤎

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