Le poids des blessures.

Publié le 29 septembre 2026 à 09:00

Le poids des blessures

Quand le passé répond encore à notre place.

Quelqu’un te fait une remarque. Rien de dramatique. Quelques mots qui, objectivement, ne mériteraient probablement pas d’y penser encore trois heures plus tard. Et pourtant…Ça pique. Tu repasses la phrase dans ta tête. Une fois. Deux fois. Quinze fois. Tu l’analyses, tu cherches ce qu’elle voulait vraiment dire, ce que tu aurais dû répondre… et au bout d’un moment, tu finis même par t’agacer contre toi-même :

« Mais pourquoi je réagis comme ça ? »

Bonne question. Parce que parfois, ce n’est pas seulement ce qui vient de se passer qui fait mal. C’est l’endroit où ça vient taper. Et cet endroit-là… il ne date pas forcément d’hier.

On parle souvent du passé comme de quelque chose qui serait derrière nous. C’est joli sur le papier, dans la vraie vie, certaines choses ont quand même la fâcheuse habitude de voyager avec nous. Un abandon, une humiliation, une trahison ou encore, des paroles entendues suffisamment souvent pour qu’un jour, sans vraiment savoir quand c’est arrivé, on finisse par les croire.

La vie continue. On grandit. On avance. Et pourtant, certaines blessures font discrètement le voyage avec nous. Le plus compliqué, c’est qu’à l’âge adulte elles n’arrivent pas avec une pancarte : « Coucou, c’est ton passé ! » Ce serait presque pratique. Non. Elles peuvent devenir cette peur de perdre quelqu’un. Cette difficulté à faire confiance. Ce besoin de tout contrôler. Cette peur de décevoir. Cette incapacité à demander de l’aide. Et comme ça fait longtemps qu’on fonctionne ainsi, on finit simplement par dire : « Bah… je suis comme ça. »

Mais justement. Est-ce que je suis comme ça ? Ou est-ce que, parfois… je suis devenue comme ça pour me protéger ?

Et je trouve que la différence entre les deux est énorme.

Peut-être que mieux se connaître commence aussi là. Pas en cherchant encore une fois ce qui cloche chez nous, mais en essayant de comprendre pourquoi certaines choses viennent nous chercher aussi profondément.

Pourquoi le silence de quelqu’un m’angoisse autant ? Pourquoi ai-je besoin d’être rassurée ? Pourquoi une critique me touche parfois bien plus qu’elle ne devrait ? Pourquoi est-ce si difficile pour moi de lâcher prise ? Et surtout :

Depuis quand ?

Parce qu’on peut passer énormément de temps à essayer de changer nos réactions…sans jamais aller voir ce qu’elles essaient encore de protéger. 

Se regarder vraiment à l’intérieur, ce n’est pas toujours très confortable. Il y a des choses qu’on connaît parfaitement. Et puis il y a ces vieux tiroirs qu’on ouvre un jour et où l’on retrouve un truc qu’on pensait réglé depuis longtemps.

« Ah… toi. T’es encore là. »

Et finalement, comprendre ses blessures, ce n’est pas retourner vivre dans le passé, c’est peut-être justement essayer d’arrêter de le laisser décider du présent. Parce qu’on ne pourra pas changer ce qui s’est passé, on ne récupérera pas les mots prononcés, on n’empêchera pas certaines personnes d’être parties, on ne pourra pas retourner auprès de celle qu’on était pour lui éviter ce qu’elle a vécu. Le passé ne changera pas. Mais ce qu’on décide d’en faire aujourd’hui…ça, peut-être que oui.

Parfois, ça demande de l’aide. Parce que certaines blessures sont trop profondes pour être réparées avec un « allez, passe à autre chose ». Les regarder, les comprendre, les soigner, parfois se faire accompagner, ce n’est pas leur donner encore plus de place, c’est justement commencer à leur en reprendre.


🌿La relativité du Journal

Nos blessures expliquent parfois une partie de ce que nous sommes devenus, mais elles ne sont pas obligées d’écrire toute la suite.

Guérir ne veut pas dire oublier ce qui nous est arrivé, ni prétendre que ça ne nous fait plus rien. C’est peut-être simplement arriver, petit à petit, à se dire :

« Oui, ça m’est arrivé. Oui, ça a laissé une trace. Mais je ne veux plus que cette trace choisisse ma route à ma place. »


☕Le p’tit mot d’Andréa

On passe un temps fou à essayer de comprendre les autres. Pourquoi ils ont fait ça. Pourquoi ils ont dit ça. Pourquoi ils sont partis. Et si, de temps en temps, on retournait un peu le regard vers nous ? Pas pour chercher ce qui ne va pas chez nous. Mais pour comprendre ce qui fait encore mal.

On ne choisit pas toutes les blessures que la vie nous laisse. En revanche, un jour, peut-être qu’on peut choisir de poser le sac, de regarder ce qu’on transporte depuis tout ce temps et de se demander :

« Est-ce que j’ai encore besoin de porter tout ça pour avancer ? »

Le passé ne changera pas. Mais la place qu’on décide de lui laisser dans la suite de notre histoire… peut-être que si. ❤️

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Commentaires

Momo
il y a 16 jours

Tu as raison personne n'est parfait et on peut se faire mal sans le vouloir tout simplement parce qu'on passe un mauvais moment mais faut pas tout garder et surtout ne pas voir que les choses non agreable et oublier les bonnes

ANDREA
il y a 16 jours

Exactement ❤️ On peut tous blesser sans le vouloir, parce qu’on traverse nous aussi nos propres moments compliqués. L’important, c’est de ne pas laisser les blessures prendre toute la place et nous faire oublier tout le reste… surtout le bon. 🥰

karine
il y a 13 jours

les blessures quelles qu'elles soient, ne s effacent pas, on apprend juste a vivre avec. Mais elles ont forcement un impact sur les adultes que nous devenons, il faut juste faire en sorte que cela n atteigne pas nos relations avec les gens que nous aimons. Plus facile a dire qu a faire!!!!

Sacha
il y a 11 jours

Certaines blessures ne saignent plus, mais continuent de faire mal en silence. On croit parfois avoir tourné la page alors qu'une partie de nous est restée prisonnière de ce qu'elle n'a jamais compris, accepté ou pardonné. Guérir, ce n'est pas effacer son histoire, c'est apprendre à ne plus se laisser définir par elle car le plus grand courage n'est peut-être pas de survivre à ce qui nous a brisés, mais d'oser redevenir soi sans laisser nos blessures décider de qui nous seront demain. Et parfois, la plus belle des victoires, c'est de retrouver la paix où l'on pensait l'avoir perdue pour toujours.