Faire pipi quand on est une femme : bienvenue à Fort Boyard

Publié le 9 octobre 2026 à 09:00

Faire pipi quand on est une femme : bienvenue à Fort Boyard

Il y a des gestes dans la vie qui paraissent extrêmement simples. Boire. Manger. Dormir. Faire pipi.

Enfin… Faire pipi quand on est un homme, peut-être. Parce que nous, les femmes, selon l’endroit où l’envie nous prend, faire pipi peut très rapidement se transformer en épreuve d’immunité avec option parcours du combattant. Et pourtant, à la base…on voulait juste pisser. Rien de plus.

Épreuve n°1 : les toilettes publiques

Tu pousses la porte. Un regard sur le sol, la cuvette, la poignée, et immédiatement, une seule règle :

ON NE TOUCHE À RIEN.

Sauf qu’il va quand même falloir pisser. Alors commence cette chorégraphie que nous connaissons toutes. Le sac autour du cou parce que le crochet est cassé, le manteau remonté, le pantalon descendu, mais pas trop, parce que le sol est mouillé. Pourquoi ? On ne sait pas et on ne veut pas savoir. Cette information ne nous apporterait rien de bon.

Et maintenant, la position. Les fesses à quatre centimètres de la lunette, les cuisses qui tremblent, le pantalon à mi-mollet, le sac qui commence doucement à t’étrangler. À cet instant précis, tu ne fais plus pipi, tu fais du CrossFit. Et évidemment…le rouleau est vide. Putain ! Tu fouilles dans ton sac en maintenant la position. Un rouge à lèvres, deux tickets de caisse, un tampon qui traîne probablement là depuis le lycée. MAIS PAS UN PUTAIN DE MOUCHOIR.

Et te voilà, le cul suspendu au-dessus d’une cuvette publique, les cuisses en feu, à te demander si un ticket de caisse pourrait éventuellement avoir une seconde vie...Bienvenue à Fort Boyard.

Épreuve n°2 : les toilettes à la turque

Ah, alors celles-là…Tu ouvres la porte, tu regardes le trou, le trou te regarde. Petit moment de silence entre vous.

Parce qu’il y a toujours ces trois secondes pendant lesquelles ton cerveau réfléchit :

« Attends… je me mets dans quel sens déjà ? »

Et ensuite commence une opération dont personne ne t’a jamais réellement expliqué les règles. Jusqu’où je descends ?  Où je mets mon pantalon ? Est-ce que mon jean est suffisamment loin de la zone d’impact ? Pourquoi le sol est encore mouillé ?… Non, on avait dit qu’on ne chercherait plus à savoir.

Alors tu t’accroupis, mais pas trop, enfin suffisamment, mais pas trop quand même. Et surtout, tu pries pour que la trajectoire soit bonne. Parce qu’à ce niveau-là, tu ne fais plus pipi, tu fais de la balistique.

Épreuve n°3 : le pipi dans la nature

Et puis il y a le niveau supérieur. La forêt. Sur le papier, ça paraît simple. Tu trouves un arbre, un petit buisson, un endroit tranquille. Et hop. Sauf que NON ! Parce que nous, avant de pisser dans la nature, on doit faire une étude de terrain. Est-ce que quelqu’un peut me voir ? Est-ce qu’il y a des orties ? Est-ce qu’une bestiole va décider de visiter ma foune pendant l’opération ? Et surtout…dans quel sens est la pente ? Ça, mesdames, c’est capital.

Parce qu’un mauvais positionnement peut très rapidement transformer un petit pipi champêtre en accident de chaussures. Alors tu trouves ton endroit, tu descends ton pantalon, tu t’accroupis, tu essais d'écarter au max tes pieds et tu essaies de maintenir ton jean hors de la trajectoire.

Une branche te rentre dans le cul. Tu l’enlèves. Une ortie que tu n'avais pas vue viens te chatouiller la fesse. Et enfin…tu pisses. Aaaaah. Soulagement. Sauf que là…des voix au loin...PUTAIN Y’A DES GENS.

À partir de cet instant, c’est une course contre la montre. Tu continues de pisser mais maintenant, ta tête tourne dans tous les sens. À droite, à gauche. Encore à droite.

Ils sont où ? Ils arrivent par où ? Ils sont loin ? EST-CE QU’ILS ONT UN CHIEN ?

Parce que le chien, lui, contrairement à ses propriétaires, n’en a absolument rien à foutre de ton intimité et peut très bien décider que le buisson derrière lequel tu pisses mérite une inspection immédiate. Alors tu te speeds. Ce qui, soit dit en passant, est complètement con, parce qu’on ne peut pas vraiment dire à sa vessie :

« ALLEZ MA GRANDE, ON ACCÉLÈRE, Y A DU MONDE QUI ARRIVE. »

Maintenant, il faut remonter la culotte et dégager de là. Sauf que…le mouchoir, BEN IL EST TOUJOURS PAS DANS TA PUTAIN DE POCHE !

Et les voix se rapprochent. Tu regardes à droite, à gauche...Toujours accroupie, toujours le cul à l’air, et là, il n’y a plus le temps de négocier. PROGRAMME EGOUTTAGE EN ROUTE.

Petit mouvement de jambes, frétillement du cul et Hop hop hop. Une goutte, coup d’œil à droite. Deux gouttes, coup d’œil à gauche. Encore un mini-coup de bassin. Troisième goutte. C’EST BON, ON REMBALLE. Tu viens littéralement d’égoutter ta foune au milieu de la forêt. Est-ce que cette technique possède la moindre validation scientifique ? Aucune idée. Est-ce qu’on y croit très fort ? Absolument.

Parce qu’à ce moment-là, tu n’as de toute façon plus le temps de te demander si ta foune est réellement sèche. Tu as décidé qu’elle l’était. Dossier clos. Tu remontes la culotte, le pantalon. Tu récupères tes affaires. Tu sors du buisson avec l’air le plus naturel du monde. 

Et là…Jean-Michemiche ramène sa fraise.

Parce que Jean-Michemiche, lui aussi, avait envie de faire pipi. Il s’est approché d’un arbre. Braguette ouverte, il a sorti son machin, il a pissé, il a rangé son machin. Fin de l’histoire. Durée totale : 47 secondes. Et quand il te voit enfin sortir de ton buisson : « Bah… qu’est-ce que tu foutais ? »

…

JEAN-MICHEMICHE.

Je viens d’étudier la topographie du terrain, d’éviter deux orties, de me prendre une branche dans le cul, de surveiller l’arrivée potentielle de promeneurs tout en essayant d’accélérer un processus physiologique sur lequel je n’ai visiblement aucun contrôle, avant de terminer par un egouttage express de foune sans mouchoir. Toi…tu as juste sorti ton machin.

TOI ET MOI, NOUS NE PRATIQUONS PAS LA MÊME ACTIVITÉ.


🌿La relativité du journal

Finalement, on parle souvent des grandes différences entre les hommes et les femmes. Mais peut-être qu’on cherche beaucoup trop loin. Mettez simplement un homme et une femme au milieu d’une forêt avec une vessie pleine. L’un choisira un arbre, l’autre devra analyser la végétation, la pente, la fréquentation du sentier, la trajectoire potentielle du jet.

Et malgré toute cette préparation…on finira quand même parfois avec une goutte sur la basket...La nature est une connasse.


🍵Le p’tit mot d’Andréa

Les filles…Je crois qu’on mérite quand même un peu de reconnaissance. Parce qu’entre le squat au-dessus d’une cuvette douteuse, les toilettes à la turque et le pipi sauvage derrière un buisson…nos cuisses ont vécu des choses. Et notre dignité aussi.

Alors oui, parfois, je regarde Jean-Michemiche pisser tranquillement debout contre son arbre et je ressens une petite pointe de jalousie. Pas pour son machin, je vous rassure, je suis très bien avec ma foune...Mais putain… le côté pratique.

Alors finalement, nous aussi, on aimerait parfois pouvoir faire pipi debout contre un arbre. Pas pour l’égalité des sexes. Pas pour faire avancer la cause féminine...Juste pour sauver nos baskets. 

Andréa 🤎

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