MERCI POUR TON AVIS… MAIS C’EST MA VIE.
Il y a quelque chose de fascinant dans la vie. Tu peux traverser quarante années en pensant naïvement que certaines décisions t’appartiennent, et puis un jour, tu découvres que non.
Apparemment…il y avait un conseil d’administration.
Et visiblement, tout le monde en fait partie sauf toi. 😂
Tu élèves ta fille seule ? Avis.
Tu es proche d’elle ? Avis.
« Attention quand même à ne pas être trop copine avec elle. »
Ah merci, je vais immédiatement revoir plusieurs années d’éducation sur la base de cette intervention de trente-sept secondes.
Tu changes de travail ? Avis.
Tu hésites entre deux propositions ? Encore mieux...Double avis.
Tu acceptes un poste, puis une autre opportunité arrive. Elle te correspond davantage. Meilleures conditions. Plus envie d’y aller et tu décides finalement de revenir sur ton premier choix.
Et là…« Ah quand même… tu avais donné ta parole. »
Oui; et ?
Je sais que ça peut surprendre mais…j’ai réfléchi, et entre-temps, quelque chose a changé.
Pourquoi faudrait-il considérer qu’un employeur a parfaitement le droit de comparer dix candidatures, de garder plusieurs personnes sous le coude, de choisir celle qui lui convient le mieux, mais que moi, lorsque j’ai deux propositions devant moi, je devrais soudainement oublier que j’ai moi aussi le droit de choisir ce qui est le mieux pour moi ?
Ça ne signifie pas manquer de respect, on prévient, on explique, on fait les choses correctement mais on choisit oui. Parce qu’un contrat de travail, ce n’est pas une faveur qu’on nous accorde, c’est une rencontre entre deux intérêts et les miens ont aussi le droit d’exister. Mais rassurez-vous, les avis ne s’arrêtent évidemment pas au travail, ce serait beaucoup trop reposant. Il y a les cheveux aussi…
« Oh j'adore comme ça ! »
Trois mois plus tard :
« Tu étais mieux avant. »
Merci. Heureusement que mes cheveux poussent sur ma tête, ça simplifie quand même énormément la décision finale.
Et puis il y a le corps. Alors là, bienvenue aux championnats du monde de l’avis non sollicité.
Tu as grossi, tu as maigri, tu devrais perdre un peu, tu devrais faire davantage de sport, tu devrais manger comme ci, arrêter ça, tester ceci et cela. Parce qu’évidemment…si tu es grosse, c’est probablement que tu ignores totalement que tu es grosse, heureusement que quelqu’un est venu te prévenir, tu aurais pu passer à côté de l’information.
Et derrière certains conseils se cache parfois quelque chose d’encore plus violent :
l’idée qu’il faudrait changer notre corps pour être plus joli, plus désirable plus acceptable. Mais acceptable pour qui ?
Et puis il y a l’argent. Ah, l’argent.
Tu devrais économiser davantage. Investir, faire ceci, faire cela. Trouver un moyen de gagner plus...Toujours plus. Et je me pose sincèrement une question : pour quoi faire ?
Je ne vais pas jouer les grandes philosophes en disant que l’argent ne participe absolument pas au bonheur, bien sûr que si. Il rassure, il facilite, il permet des expériences, il enlève énormément de soucis. Mais pour avoir connu des périodes où il n’y en avait pas beaucoup, j’ai appris quelque chose d'important : je n’ai pas besoin d’être riche pour être heureuse.
Alors si ma définition d’une vie réussie n’est pas d’accumuler toujours davantage…Pourquoi faudrait-il que j’adopte la tienne ? Et finalement, c’est peut-être ça qui m’agace le plus.Ce n’est pas que les gens aient un avis. Nous avons tous des avis, moi la première…Le problème commence lorsque notre avis devient une règle pour la vie de quelqu’un d’autre. Bien sûr que l’on peut conseiller, on peut alerter, on peut partager une expérience. On peut même dire :
« Personnellement, je n’aurais pas fait comme ça. »
Mais il faudrait peut-être apprendre à ajouter mentalement quatre petits mots :
« …et ce n’est pas grave. »
Parce que je ne suis pas toi, tu n’es pas moi. Nous n’avons pas vécu les mêmes choses. Nous n’avons pas les mêmes priorités, nous n’avons pas la même définition du bonheur...Et surtout…
nous n’aurons pas à vivre avec les conséquences des choix de l’autre.
Alors oui, peut-être que je changerai encore d’avis. Peut-être que je changerai encore de travail, de coupe de cheveux, de projets, de priorités. Peut-être que certaines personnes ne comprendront pas mes décisions.
Et vous savez quoi ? Ce n’est pas grave.
Parce qu’à force de vouloir prendre des décisions que tout le monde approuve…on finit parfois par construire une vie parfaitement acceptable pour les autres et complètement bancale pour soi.
Et ça…ça m’intéresse beaucoup moins.
🌿 La Relativité du Journal
Le problème n’est pas l’avis. Parfois, celui des autres nous ouvre les yeux. Il nous fait réfléchir, il nous évite une erreur; il nous montre quelque chose que nous n’avions pas vu. Alors non, il ne s’agit pas de vivre en envoyant balader toute personne qui ose nous dire quelque chose qu’on n’a pas envie d’entendre, ce serait un peu facile. Il s’agit simplement d’apprendre à faire la différence entre écouter un avis et lui donner le pouvoir de décider à notre place.
Écoute. Réfléchis. Prends ce qui te semble juste, laisse le reste et ensuite…décide.
Parce qu’au bout du compte, il n’y aura qu’une seule personne qui vivra chaque jour avec cette décision.
Toi.
☕ Le P’tit mot d’Andréa
Pendant longtemps, on peut se demander : « Qu’est-ce qu’ils vont penser si je fais ça ? »
Et puis un jour, peut-être qu’il faut remplacer la question : « Qu’est-ce que MOI, je vais penser si je ne le fais pas ? »
Parce que je peux entendre ton avis. Je peux même le respecter. Je peux réfléchir à ce que tu me dis, mais je n’ai pas à devenir la personne que tu voudrais que je sois pour te rassurer. Alors… Dois-je faire les choses pour lui ? Pour elle ? Pour eux ? Pour nous ? Ou pour moi ?
La réponse ne sera pas toujours moi.
Parce qu’aimer, vivre ensemble et construire des relations, c’est aussi faire des compromis. Mais quand il s’agit de ma vie, de mon corps, de mes projets, de mon avenir et de ce qui me rend profondément heureuse…j’aimerais quand même garder une voix au chapitre.
Et idéalement…la voix principale. ❤️
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